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septembre, 2008

Nikolski (encore) honoré par les libraires

25 septembre 2008
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Il existe, entre les écrivains et les libraires, de très anciennes affinités.

On pourrait spéculer sur les origines de cette complicité, depuis le banal mutualisme commercial jusqu’aux raisons métaphysiques, mais je crois  pour ma part qu’elle repose essentiellement sur le rôle rassembleur des libraires, qui dans l’histoire ont toujours incité les écrivains à se rencontrer – au propre comme au figuré.

Je pense naturellement à la librairie Shakespeare & Cie, qui fut le port d’attache de plusieurs générations d’écrivains en exil à Paris, depuis James Joyce jusqu’à Allan Ginsberg, en passant par Ernest Hemingway, Francis Scott Key Fitzgerald et William Burrough.

Je pense au très londonien Frank Doel, libraire chez Marks & Co, qui vingt ans durant envoya par-dessus l’Atlantique les dizaines de bouquins que lui réclamait une insatiable Helen Hanff.

Je pense à la célèbre librairie City Lights, à San Francisco, où se rassemblaient les écrivains de la génération Beat.

Et je pense évidemment à Henri Tranquille, qui rameuta autour de lui plusieurs générations de nos écrivains – les Guèvremont, Hébert, Ducharme, Aquin, Archambault, Gauvreau et Beauchemin – et qui accompagna plusieurs d’entre eux à travers une époque où la littérature québécoise restait une idée fragile.

Voilà pourquoi le Prix des libraires constitue un honneur à nul autre pareil : il ne couronne pas simplement un texte, mais célèbre également cette vieille complicité entre ceux qui écrivent les livres et ceux qui les font circuler.

Je veux aujourd’hui remercier chaleureusement l’Association des Libraires du Québec, qui organise le prix depuis 15 ans, ainsi que tous ceux et celles qui ont accordé leur vote à Nikolski, en 2006 comme en 2008. La longévité de ce roman dans l’espace public n’est pas étrangère à votre enthousiasme.

Je tiens à remercier Antoine Tanguay, infatigable animateur des éditions Alto, qui a fait confiance à ce roman atypique avant tout le monde. Le Prix des libraires récompense également ses efforts.

J’aimerais enfin saluer mes confrères et consœurs primés au cours des 15 dernières années. La liste de vos noms forment un palmarès impressionnant, et c’est un intimidant honneur de figurer parmi vous.

Joyeux anniversaire et longue vie au Prix des libraires du Québec !

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